• Orléans-Tours : la « première » école du socle commun

     

     « Ce projet de regroupement école-collège n'a pas été imposé d'en haut. Qu'il y ait des freins à sa mise en place, c'est normal, mais il représente une réponse intelligente à la rareté de la ressource financière et à la nécessaire mutualisation de tous les acteurs pour améliorer la prestation de l'Éducation nationale envers les familles et les enfants », déclare Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative à l'occasion d'un déplacement à Richelieu (Indre-et-Loire) le jeudi 8 décembre 2011.

     « Ce projet de regroupement école-collège n'a pas été imposé d'en haut. Qu'il y ait des freins à sa mise en place, c'est normal, mais il représente une réponse intelligente à la rareté de la ressource financière et à la nécessaire mutualisation de tous les acteurs pour améliorer la prestation de l'Éducation nationale envers les familles et les enfants », déclare Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative à l'occasion d'un déplacement à Richelieu (Indre-et-Loire) le jeudi 8 décembre 2011. « Nous allons encourager ce type d'initatives. À ma connaissance, il s'agit d'une première », ajoute-t-il. Le ministre a visité l'école Jean Mermoz et le collège du Puits-de-la-Roche. À la rentrée 2012, deux écoles de Richelieu (Jean Mermoz et Marie Curie) intègreront le site du collège du Puits-de-la-Roche. Six classes de primaire au total ouvriront dans le collège, ajoutant 120 élèves aux 232 scolarisés actuellement, matérialisant le concept d' « école du socle commun ».

    « La commune rend un service important au Conseil général car le collège aurait pu disparaître », estime Luc Chatel. « Le maire voulait construire une autre école qui aurait coûté 2 millions d'euros. Ce projet est à la fois moins onéreux et il conforte l'existence du collège ». Le ministre « félicite » les équipes éducatives, de la mairie et du Conseil général. Cela suppose un « travail difficile notamment sur la gouvernance » reconnaît-il. Interrogé par AEF sur la possibilité de donner un statut aux directeurs d'école afin de faciliter la création d'écoles du socle, Luc Chatel répond : « C'est une piste sur laquelle nous travaillons pour le printemps prochain [les élections présidentielles 2012] mais rien ne sera mis en œuvre avant la fin de la législature ».

    Pascal Perrin Houdon, architecte, explique que l'enjeu du regroupement est de « faire cohabiter sur le même site des élèves de six à quinze ans ». « Mon intervention était minime car le bâtiment existait et était peu utilisé », relate-t-il. L'école primaire disposera de « ses propres sanitaires et d'une cour de récréation séparée de celle du collège par une grille basse, afin que les élèves puissent voir de l'autre côté tout en évitant les bousculades ». En outre, « des locaux ont été aménagés pour l'accueil périscolaire de l'école ». Enfin, « les classes de CM1 et CM2 sont placées au même niveau que les 6e ».

    « DÉSERTIFICATION DU TERRITOIRE »

    Guy Charlot, IA-DSDEN d'Indre et Loire, rend compte des problématiques propres au milieu rural avec « des taux d'accès au bac inférieurs à ceux des milieux urbains ». « Nous avons beaucoup d'ambition en germe, mais du mal à les développer », résume-t-il. Hervé Novelli, député-maire (UMP) de Richelieu, affirme que « la municipalité est très attachée à ce projet de regroupement ». « Au départ, c'est Guy Charlot qui m'a suggéré une implantation des écoles sur le site du collège. Ses arguments m'ont convaincu, je me suis documenté sur la politique du socle et j'ai pu bénéficié du soutien des personnels éducatifs et des parents d'élèves », relate-t-il. « Il y a une vraie cohésion éducative et territoriale sur ce projet », considère-t-il. Son adjointe ajoute que ce projet « est une bonne chose pour le territoire de Richelieu qui a tendance à se désertifier ».

    Le vice-président du Conseil général d'Indre-et-Loire, Jean-Claude Landre, souligne cependant « les problèmes de transferts de propriété entre la mairie et le Conseil général et les dispositifs administratifs à régler ». Catherine Papuchon évoque quant à elle « les craintes des enseignants » du second degré concernant ce regroupement école-collège. « La première crainte est relative à l'espace, qui sera plus contraint puisque le collège perd six salles de classes ». Mais elle souligne que le collège « a été construit pour 600 élèves et peut en accueillir environ 500 ». « La deuxième crainte porte sur des questions de statut, sur la manière dont un enseignant du premier degré peut enseigner dans le second degré et inversement ». Patrick Blanchard, directeur d'école, rapporte « une adhésion plus naturelle » dans le premier degré. « Nous avions de toute manière besoin de changer de locaux ». Bertrand Noël, professeur de mathématiques, indique « craindre une disparité entre les élèves de Richelieu [scolarisés dans le collège] et les élèves des autres écoles du secteur ».

    MUTUALISER LES MISSIONS

    Catherine Papuchon, principale du collège, évoque la « nécessité de réfléchir au positionnement statutaire de l'équipe de direction, étant donné que les directeurs d'école n'ont pas, contrairement aux chefs d'établissements, de statut particulier. Elle détaille les missions qui seront « mutualisées » entre l'école et le collège pour une « meilleure continuité du parcours de l'élève » : « la sécurisation de l'établissement, les tâches administratives dont la gestion de Base élèves et l'inscription en 6e, que le secrétariat du collège peut absorber ». « Le pilotage du suivi des élèves jusqu'à la 5e ou jusqu'à la validation du palier 2 du socle sera partagé », ajoute-t-elle. Patrick Blanchard, directeur d'école, poursuit : « l'aide et l'accompagnement personnalisés seront assurés par les mêmes enseignants » et « le conseil des maîtres et le conseil pédagogique seront clairement articulés ». Il cite aussi les « PPRE Passerelle » et les « programmes pour les élèves en situation de handicap ». Delphine Benet, enseignante d'anglais ajoute les « possibilités d'échange de service une heure pour une heure » entre enseignants du premier et du second degré.

    Martine Leclainche, directrice d'école, évoque quant à elle « la mise en place du livret scolaire numérique et des outils pédagogiques communs ». « D'autre part, les enseignants pourront coopérer car ils n'ont pas les mêmes savoir-faire dans le primaire et le secondaire. Les enseignants du premier degré maîtrisent l'apprentissage de la lecture et de la numération, alors que les enseignants du secondaire ont une expertise disciplinaire ». « Il nous faudra du temps de concertation, du travail d'équipe, un repérage des élèves en difficulté et une réflexion sur la fluidité des parcours », prévoit-elle. « En outre, la réflexion est à poursuivre sur l'évaluation des élèves et sur l'homogénéité/ hétérogénéité des classes, tout en gardant un oeil sur les pédagogies innovantes » ajoute-t-elle. Bertrand Noël, professeur de mathématiques, évoque aussi « une mutualisation des ressources informatiques fournies par le Conseil général, qui permettra d'ailleurs de faciliter l'acquisition du B2i ».

    Dépêche AEF 

     


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